Fischer Chameleon (Kinyongia fischeri) on red flower on black background..jpg

Avenir incertain

Prendre conscience de leur vulnérabilité

 

Les caméléons sont plus menacés que les autres lézards

Même si toutes les espèces de caméléons n’ont pas encore pu être évalués par l’UICN, il est probable que le niveau des menaces qui pèsent sur eux soit supérieur à ceux des autres lézards. Cette vulnérabilité accrue est liée, d'une part, au fait qu’un certain nombre d’espèces sont endémiques à des petites zones géographiques et, d'autre part, que beaucoup d’espèces habitent les forêts tropicales qui sont elles-mêmes menacées. Enfin, les régions qui concentrent la plus grande diversité de caméléons sont également celles qui subissent la plus forte pression anthropique (Jenkins et al. 2014).

 

Des espèces particulièrement sensibles au réchauffement climatique

Un certain nombre d’espèces de caméléons sont inféodés aux régions montagneuses et elles sont par conséquent particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique. Les animaux qui sont adaptés au froid sont en effet forcés de déplacer leur distribution géographique vers le haut pour faire face à la hausse des températures. De plus, la nature lente des caméléons peut les rendre moins capables, que d’autres animaux, de se déplacer vers des zones plus appropriées. Ces espèces montagnardes pourraient aussi se retrouver sans possibilités de trouver de nouveaux habitats adaptés et s’éteindre. Les effets du changement climatique sont difficiles à prévoir, mais à long terme, il ne fait aucun doute que le changement climatique induit par l'homme aura un impact sur les habitats des caméléons (Jenkins et al. 2014).

 
Deforestation aerial photo. Rainforest jungle in Borneo, Malaysia, destroyed to make way f
 

La perte de l’habitat est la plus grande menace

La perte d'habitat est la plus grande menace immédiate et aiguë pour la biodiversité à l'échelle mondiale (Myers et al., 2000; Butchart et al., 2010). De nombreuses espèces de caméléons ont des distributions géographiques restreintes, souvent endémiques à une seule forêt, une montagne ou une localité et sont également fortement dépendants de certains types d’habitats et de végétations spécifiques. Ces facteurs font que ces animaux auront sans doute beaucoup de difficultés à faire face à la destruction et la fragmentation de leur habitat.

 

La conservation pour les protéger

"Compte tenu des tendances actuelles en matière d'extinction, le nombre d'espèces nécessitant des programmes de sélection de conservation est susceptible d'augmenter de façon spectaculaire" (Conde 2013)

La conservation des caméléons du monde dépendra fortement de notre capacité à générer suffisamment de données sur les exigences biologiques/environnementales, les menaces et leurs effets sur les populations au cours des prochaines années. Les informations actuelles suggèrent que les caméléons pourraient faire face à un niveau de menaces plus élevé que les reptiles en général, en partie à cause du commerce en cours, mais aussi à cause de leur distribution restreinte dans les habitats forestiers en déclin.


Bien que nous soyons mal informés sur la façon dont les populations actuelles de caméléons peuvent être conservées, nous ignorons complètement ce que les effets du changement climatique pourraient apporter à ces lézards arboricoles inhabituels.

l’Union International pour la Conservation de la Nature (UICN) reconnaît l’importance considérable des ressources dédiées dans le monde, à la conservation ex situ par les parcs zoologiques, les banques de gènes et autres institutions ex situ. L’utilisation efficace de ces ressources représente une composante essentielle des stratégies de conservation à tous niveaux. (IUCN 2002)

Bibliographie:

  • Butchart, S.H.M., et al.2010. Global biodiversity: indicators of recent declines. Science 328:1164–1168.

  • Conde DA, Colchero F, Gusset M, Pearce-Kelly P, Byers O, Flesness N, et al. 2013. Zoos through the Lens of the IUCN Red List: A Global Metapopulation Approach to Support Conservation Breeding Programs. PLoS ONE 8(12): e80311. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0080311

  • IUCN. 2002. Technical Guidelines on the Management of Ex-situ Populations for Conservation.

  • Jenkins et al. 2014. Chameleon Conservation. In book : Krystal et Herrel: The Biology of Chaameleons. University of California Press: 193-214.

  • Myers et al. 2000. Biodiversity hotspots for conservation priorities. Nature 403:853–858.

 
Chameleon, Furcifer campani, Madagascar_edited.jpg

Furcifer campani