Inventaire des caméléons à Iaroka : des débuts très prometteurs
- Sebastien Metrailler

- 21 janv.
- 2 min de lecture
Fin novembre 2025, le Caméléon Center Conservation (CCC) a lancé un nouveau projet d’inventaire des caméléons dans la forêt d’Iaroka, située à l’est de Madagascar, au cœur du corridor forestier Ankeniheny–Zahamena. Après les deux premiers mois de terrain, les résultats obtenus confirment le fort intérêt scientifique et conservatoire de ce site.
Les inventaires sont réalisés de nuit, méthode la plus efficace pour l’étude des caméléons, par une équipe composée du chargé de mission du CCC, d’un étudiant en Master de l’Université de Toliara, et de guides issus de la communauté locale.
18 transects ont été mis en place et parcourus, représentant plus de 150 km de déplacements cumulés sur le terrain. Ces transects, répartis entre 988 et 1 222 mètres d’altitude, couvrent une grande diversité de micro-habitats, incluant zones de crête, secteurs proches des cours d’eau et zones forestières plus homogènes. 174 caméléons ont ainsi déjà été observés et documentés, témoignant de densités remarquables.
Espèces de caméléons identifiées à ce stade
Les premières missions ont permis d’identifier sept espèces, appartenant à deux genres :
Genre Calumma
Calumma parsonii cristifer
Calumma malthe
Calumma gastrotaenia
Calumma brevicorne
Calumma « nasutum » (complexe)
Genre Brookesia
Brookesia thieli
Brookesia therezieni
Ces premières données confirment la richesse herpétofaunistique de la forêt d’Iaroka et justifient pleinement la poursuite d’un suivi scientifique à long terme.
Un projet ancré localement

Le projet est mené en étroite collaboration avec la VOI Iaroka, gestionnaire communautaire de la forêt, avec l’appui de l’ONG IMPACT Madagascar. Chaque sortie de terrain mobilise des guides locaux selon un système de rotation impliquant plusieurs hameaux, garantissant des retombées économiques directes et équitables (guidage, hébergement, restauration).
Parallèlement, les participants locaux bénéficient de formations pratiques sur le terrain (identification des espèces, méthodes d’inventaire, utilisation des outils scientifiques), renforçant durablement les compétences locales liées à la conservation.
Ces premières semaines marquent une étape fondatrice du projet. Les prochaines missions permettront d’affiner les analyses écologiques et de consolider un programme de monitoring à long terme, au service de la conservation des caméléons et de la forêt d’Iaroka.


















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